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Métier — Food truck

Un camion, une cuisine, deux contrats qui doivent se recouvrir

Un food truck, c'est un véhicule immatriculé et un établissement de restauration dans le même objet. Deux régimes d'assurance différents, qui doivent se recouvrir sans laisser de trou entre eux.

Ce qui arrive vraiment

Quatre situations qui coûtent cher en food truck

01

Le flexible de gaz qui lâche en plein coup de feu

Service du midi, la friteuse tourne à plein régime et un flexible fatigué cède derrière le plan de travail. En quelques minutes, l'aménagement intérieur est perdu et le camion ne repartira pas.

La prise en charge dépend de la garantie incendie et surtout de la valeur d'aménagement déclarée au contrat. Après un sinistre de ce type, l'assureur vérifie généralement la date de péremption des flexibles, la conformité du détendeur et le contrôle des extincteurs : selon la rédaction du contrat, un manquement aux mesures de prévention inscrites aux conditions particulières peut fonder une déchéance de garantie ou une non-garantie.

02

Le camion volé entre deux services

Le véhicule est remisé pour la nuit sur un parking non clos, faute de place ailleurs. Au matin, il a disparu avec le groupe froid, le stock préparé pour le lendemain et le fonds de caisse.

Deux garanties doivent se parler : le vol du véhicule côté contrat automobile, le matériel et les marchandises embarqués côté contrat professionnel — ces derniers ne sont pas automatiquement compris. Beaucoup de contrats conditionnent la garantie vol au type d'antivol installé et au lieu de remisage déclaré ; un stationnement habituel différent de celui annoncé peut vous être opposé.

03

Trois semaines sans rouler

Sortie de route sans blessé, mais le camion part en réparation et la pièce n'arrive pas avant trois semaines. Les emplacements de marché sont réattribués et les privatisations déjà signées doivent être annulées une par une.

Pour un exploitant qui ne possède qu'un camion, l'immobilisation du véhicule, c'est l'arrêt du chiffre d'affaires : il n'existe pas de second local pour prendre le relais. Selon les contrats, la garantie perte d'exploitation ne se déclenche qu'à la suite d'un dommage matériel garanti, et l'articulation entre le contrat automobile et le contrat professionnel doit être vérifiée au cas par cas, tout comme la mise à disposition d'un véhicule de remplacement réellement exploitable.

04

Le dommage causé pendant une privatisation

Soirée d'entreprise dans une cour intérieure : une rafale rabat l'auvent mal arrimé sur un invité. Le lendemain, un autre convive signale des troubles digestifs après le service. Deux réclamations partent en même temps.

Le dommage corporel causé à un tiers pendant l'exploitation relève de la responsabilité civile exploitation ; la mise en cause alimentaire relève, elle, de la responsabilité civile produits livrés, avec la question de la traçabilité et des relevés de température. Le contrat automobile n'a en principe vocation à répondre ni de l'un ni de l'autre : ces deux terrains relèvent de la responsabilité civile de l'entreprise — RC exploitation et RC produits livrés, réunies dans la plupart des contrats de responsabilité civile professionnelle — dont l'étendue exacte est à vérifier contrat par contrat.

Notre approche

Ce qu'il faut regarder avant de signer

Un food truck n'est pas un restaurant qui se déplace : c'est un véhicule et un commerce de bouche réunis dans la même carrosserie, et le droit des assurances traite ces deux natures séparément. La circulation relève de l'obligation d'assurance automobile prévue à l'article L. 211-1 du code des assurances ; la préparation et la vente relèvent de la responsabilité civile exploitation et de la responsabilité civile produits livrés. Beaucoup de camions sont immatriculés en VASP, ce qui change la façon dont l'assureur apprécie la valeur du bien : le châssis d'un côté, l'aménagement de l'autre — plancha, friteuse, hotte, groupe froid, tireuse, générateur. Si cet aménagement n'est pas déclaré et chiffré au contrat, l'indemnisation après sinistre risque de se limiter à la valeur du véhicule nu, sans rapport avec ce qui a réellement été investi. Une valeur déclarée inférieure à la valeur réelle expose en outre à la règle proportionnelle de capitaux prévue à l'article L. 121-5 du code des assurances : l'assuré reste alors son propre assureur pour l'excédent et supporte une part proportionnelle du dommage.

Le feu est l'un des sinistres qui peuvent arrêter durablement un food truck. Bouteilles de butane ou de propane à bord, bain de friture en fonctionnement pendant un service dense, ventilation encrassée, flexible vieilli : les sources de chaleur se concentrent dans un volume bien plus contraint qu'une cuisine de restaurant. La plupart des contrats subordonnent la garantie incendie à des mesures de prévention précises — flexibles en cours de validité, détendeur conforme, dispositif de coupure accessible, extincteurs adaptés aux feux de friture et vérifiés périodiquement, arrimage des bouteilles pendant les trajets. Ces conditions figurent aux conditions particulières et sont généralement examinées après sinistre. Deux points méritent une lecture attentive : le nombre maximal de bouteilles autorisé à bord et les règles de stockage des bouteilles pleines de rechange.

L'itinérance complique la déclaration du risque. Un camion qui tourne sur trois marchés hebdomadaires, une zone d'activité le midi et des festivals l'été n'expose pas l'assureur au même risque qu'un camion posé à l'année sur un emplacement privé. La plupart des contrats demandent de décrire les lieux d'exercice, la zone géographique, la part d'événementiel et le lieu de remisage nocturne — ce dernier point pèse lourd sur la garantie vol. S'y ajoutent des obligations qui ne sont pas assurantielles mais que l'assureur regarde : carte permettant l'exercice d'une activité commerciale ambulante, autorisation d'occupation temporaire du domaine public ou convention avec le gestionnaire du site, déclaration auprès de la direction départementale en charge de la protection des populations. Les organisateurs, eux, réclament couramment une attestation de responsabilité civile avant d'ouvrir l'accès au site.

Garanties à étudier

Les protections qui comptent pour ce métier

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande le plus

Mon assurance auto professionnelle suffit-elle pour mon food truck ?
Rarement. Le contrat automobile répond de la circulation et, selon la formule, des dommages au véhicule. Il n'a pas vocation à couvrir l'activité de restauration : dommage causé à un client, mise en cause alimentaire, matériel et marchandises embarqués. Ces volets relèvent d'un contrat professionnel distinct ou d'une formule combinée. Le vrai sujet est la frontière exacte entre les deux, garantie par garantie.
Dois-je déclarer l'aménagement du camion et le matériel embarqué ?
Oui, et de façon chiffrée. Plancha, friteuse, groupe froid, tireuse, hotte, générateur : sans déclaration ni valeur inscrite au contrat, l'indemnisation risque de se limiter au véhicule. Conservez les factures d'aménagement et actualisez le montant après chaque investissement. Les marchandises font généralement l'objet d'un capital distinct, souvent plafonné : à caler sur un jour de forte activité, pas sur une moyenne annuelle.
Que se passe-t-il si le camion est immobilisé plusieurs semaines ?
C'est l'un des scénarios les plus lourds du métier, puisqu'il n'existe pas de local de repli. Selon les contrats, une immobilisation consécutive à un sinistre garanti peut ouvrir droit à une indemnisation au titre de la perte d'exploitation, parfois à un véhicule de remplacement. Une panne mécanique simple, en revanche, n'est généralement pas assimilée à un dommage garanti. Délai de carence et durée d'indemnisation se lisent ligne à ligne.
Suis-je couvert quand je travaille sur un festival ou une privatisation ?
À condition que l'activité événementielle ait été déclarée. Beaucoup de contrats décrivent une zone et un type d'exercice ; un déplacement hors zone ou une part d'événementiel importante non annoncée peut modifier l'appréciation du risque. Les organisateurs demandent le plus souvent, de leur côté, une attestation de responsabilité civile, parfois assortie de montants de garantie minimaux. Demandez-la en amont : elle conditionne souvent l'accès au site.
Les bouteilles de gaz sont-elles exclues de la garantie incendie ?
Elles ne sont pas exclues en tant que telles, mais elles sont encadrées. Les contrats fixent fréquemment un nombre maximal de bouteilles à bord et imposent des flexibles en cours de validité, un dispositif de coupure accessible et des extincteurs adaptés aux feux de friture, contrôlés périodiquement. Le non-respect de ces conditions peut vous être opposé après sinistre. Ces clauses varient d'un assureur à l'autre : à relire à chaque renouvellement.

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